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Aujourd’hui présente dans 19 communes au Bénin, ‘’La Nuit des Contes’’ initiée par ‘’Mémoires d’Afrique’’ entre dans le cadre de la sauvegarde et de la promotion de ce patrimoine culturel africain qu’est le conte. Treize années après sa première édition, la nuit du conte 2018 s’est déroulée à l’espace culturel ‘’Le Centre’’. Très enthousiates, certains témoins de cette 13èmeédition ont livré à BéninCréa leurs impressions et fait part de quelques propositions.

Des impressions 

« La majorité des jeunes n’ont vraiment pas cette opportunité de conter ou d’écouter les contes à travers lesquels on arrivait à leur donner certaines leçons. Chez moi au Niger, les gens ne content plus du fait que nous n’avons pas eu cette chance d’avoir une relève (…). C’est donc ma première participation, je suis vraiment très émerveillé par rapport à cette nuit du conte non seulement parce que la nuit du conte était vraiment alléchant, beau, riche en images mais aussi parce qu’elle fait partie des choses qui restent vraiment pour l’Afrique ». Tels sont les propos de Ibrahim M. Moussa représentant de l’association culturelle ‘’Galgadou matassa’’ d’Agadez (Niger).

Carlos Adékambi Zinsou, comédien, conteur et metteur en scène béninois relève qu’ « Il n’y a pas plus intéressant que de voir des africains qui se réunissent autour de la parole tutélaire ». « L’Afrique, c’est la tradition orale », rappelle t-il au passage. « Quand vous tombez sur des personnes qui comprennent qu’il faut promouvoir l’oralité, c’est toujours un bienfait que cela me procure ». Faisant aussi allusion au caractère ludique de l’activité, il rappelle le bonheur qu’il en tiré personnellement. « les conteurs qui sont passés répondaient bien à l’événement et on ne s’est pas ennuyé. On a bien ri, on s’est bien amusé. C’est l’essentiel ».

« A me tenir devant tout le public, j’avais un peu peur, j’étais un peu trop stressé »a confié Junior Atindehou, un jeune garçon qui a conté deux histoires que sa mère lui avait racontées. Junior, 13 ans n’est pas professionnel du conte; il n’a jamais suivi aucune formation dans le domaine. Étant présent ce soir en tant que simple spectateur, il s’est retrouvé sur scène avec les encouragements du prublic. De ce fait, Salinas Hinkati, Secrétaire National de ‘’Mémoires d’Afrique’’ explique en ces termes : « ce n’est pas toujours facile de réunir les conteurs professionnels et ceux amateurs sur une même scène où même le public peut dire des contes. Les conteurs professionnels aux côtés de ces amateurs qui entendent des contes de leur grand-mère, de leur maman, partagent la même scène pour dire des contes ». Une affirmation approuvée par Mario Atidokpo, Directeur du Festival International du Conte du Togo (Fesconte) qui poursuit en ces termes : « Chaque fois que je viens au Bénin pour la nuit des contes c’est toujours avec joie, avec partages, avec surprises positives. Nous sentons que le public de ce centre devient de plus en plus averti en matière d’arts oratoires et particulièrement de cette messe des arts de la parole et du récit qu’est la nuit des contes au Bénin. Alors le public sort, très discipliné, les conteurs essaient quand même d’une manière ou d’une autre de donner le meilleur d’eux même, que ce soit conteurs professionnels ou amateurs. C’est donc un lieu d’échange, de partage par excellence entre les avertis d’arts de la parole, du récit et les amoureux de cette discipline. Il est capital de mettre quand même des moyens à la disposition de cet art afin de lui permettre de voyager car la parole n’a pas de pieds mais elle voyage ».

Des propositions 

Comme propositions, Carlos suggère « que les nuits de conte soient beaucoup moins occidentalisées. Déjà, nous racontons en Français, le cadre ne me rappelle pas mon village alors que nous sommes dans une maison où il y a des arbres, nous pouvons conter sous des arbres, ça aurait fait plus africain. C’est juste cela qui m’a manqué si non dans l’ensemble ça se passe bien »

Pour sa part, Ibrahim estime « qu’il faut penser à rendre cet événement africain. Il faut que l’on pense à une tournée de conte en Afrique, il ne faut pas rester seulement au Bénin. Je tiens à féliciter les organisateurs, je les encourage à continuer dans ce sens ».

 

Jacques AGBOTON PADONOU

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