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L’ONG EDeC, présidé par Elvis Tchidi fournit de grands efforts pour installer une dynamique culturelle dans un environnement difficile. Depuis quelques années, cette jeune organisation tente de « Sauver la lecture » chez les jeunes dans les communes du Mono-Couffo. Bénincrea, à travers sa rubrique Reg’arts, rencontre Elvis.

Pour nous à EDeC-Bénin, le développement trouve sa fondation dans l’éducation et la culture

EDeC-Bénin, entendez Éducation, Développement et Culture est une association de développement. Pour nous à EDeC-Bénin, le développement trouve sa fondation dans l’éducation et la culture. Si ces deux secteurs sont bien structurés et organisés, nous pouvons parler de développement durable. Nous avons donc choisi d’axer les activités de  EDeC-Bénin, essentiellement  sur l’éducation et la culture.

Quelles sont les activités actuelles de Edec – Bénin?

EDeC-Bénin a initié un programme dénommé : Programme Sauvons la Lecture (PSL). Le PSL contient deux projets: “Samedi littéraire” et le concours “Lire, c’est élire.” Nous avons fini avec les samedis littéraires de cette année le 30 mai dernier. L’événement actuel c’est le concours “Lire, c’est élire” qui a démarré depuis le mois de janvier 2018 et qui va prendre fin dans quelques jours pour ce qui concerne l’édition 2018. En effet, “Lire, c’est élire” est un concours de compte rendu et critique littéraire au profit des élèves des collèges et lycées du Bénin. Il consiste à inviter les élèves à lire un livre et en produire un compte-rendu après avoir rencontré l’auteur. Cette rencontre a eu lieu le 28 avril dernier. Le livre retenu pour cette édition est <<Ces petites tâches de vie>> de Serge DAHOUI édité aux Éditions Plurielles. Alors, après le dépôt des comptes rendus, une équipe de professeurs a corrigé les productions et les six meilleurs finalistes ont été proclamés par le jury qui est composé de trois membres : Madame Ambroisine TOGBÉ, professeur de français et directrice du CEG4 de Comé, membre du jury. Monsieur Serge DAHOUI, auteur du livre, membre du jury et monsieur José Manuel da SILVA, professeur- assistant au département des Lettres Modernes à l’UAC, président du jury. Les six finalistes seront invités à une résidence de lecture qui aura lieu du 8 au 10 juin 2018 à Comé où ils recevront d’autres formations avant la grande finale prévue pour le 16 juin à Comé. Au cours de la finale les finalistes vont défendre leur compte rendu en langue maternelle de leur choix et en français devant le jury et le public.

Ici au Bénin, il est très facile de dire que les apprenants ne lisent plus … Qu’on le veuille ou pas le livre pour un élève qui veut réussir doit être sa drogue

Ce concours n’est que la suite chronologique d’une série de réponses à un besoin à savoir : Inviter les élèves à la lecture et promouvoir le livre et son auteur en milieu scolaire. Ici au Bénin, il est très facile de dire que les apprenants ne lisent plus. Mais nous ne nous posons pas la question de savoir pourquoi ils ne lisent plus? Et comment les amener aux livres? Qu’on le veuille ou pas le livre pour un élève qui veut réussir doit être sa drogue. Nous à EDeC-Bénin, nous l’avons compris et nous avons pris le risque. C’est ce qui a donné corps au concours “Lire, c’est élire” dans le cadre de l’exécution du Programme Sauvons la Lecture.

Vous confirmez par là que c’est une réalité : Les apprenants béninois ne lisent plus?

Ce n’est pas moi qui l’ai dit, mais je ne l’infirme pas non plus. C’est un constat général. Dans toutes les communes du Bénin, l’accès aux livres est un véritable casse-tête à part les communes à statut particulier où un effort se fait (même s’il reste a bien orienté ses efforts). Les autres communes ne connaissent pas ce que nous appelons bibliothèque. Je parle des bibliothèques purement professionnelles à l’image de l’Institut français, de la fondation Zinsou et autres. Pire les bibliothèques communales et scolaires sont vétustes et n’existent pratiquement plus dans certaines communes. La professionnalisation des bibliothécaires de quelques rares bibliothèques des organisations qui existent demeure un problème, je dirai même urgent à régler. La création et l’animation des clubs de lecture s’imposent à nous. Le prix des livres aujourd’hui ne prend pas en compte le niveau de vie des élèves pour ne pas dire des parents. Par exemple lorsque vous demandez à un élève de Comé, Kpomassè, Dogbo, Bohicon, Savalou, Djougou… d’acheter un livre de 1000 FCFA (rire… Ça dépend de la qualité du livre) , c’est impossible d’avance, car ils sont nombreux qui difficilement arrivent à prendre 100 FCFA pour leur petit déjeuner. Le livre n’est pas à la porté de tout le monde. Et donc ne leur demandez pas d’aller lire si vous ne leur proposez rien.

Et quel est votre regard sur la chaine du livre au Bénin

Le livre est pour l’éducation, ce que le cœur représente pour l’homme. Ne pas prendre soin de celui-ci serait une mort programmée de l’éducation.

La chaine du livre au Bénin souffre de financement. Surtout pour nous qui sommes au niveau de la promotion des oeuvres littéraires, il est très difficile pour nous d’évoluer sans le financement. Et je pense que ce rôle revient à l’État central et à nos communes qui doivent apprendre à inscrire le livre en priorité. Le livre est pour l’éducation, ce que le cœur représente pour l’homme. Ne pas prendre soin de celui-ci serait une mort programmée de l’éducation.

Nous à EDeC-Bénin, nous estimons qu’il est temps qu’on accompagne nos frères et sœurs à aimer beaucoup plus la lecture. Chacun doit jouer son rôle.

Pour finir, j’exhorte les six finalistes qui viennent de Comé, Kpomassè et Akpromissérété à beaucoup plus de finesse dans leurs travaux et au respect des prochains rendez-vous. Je remercie par cette occasion nos partenaires et j’ invite tout le monde à la grande finale qui aura lieu le 16 juin 2018 à Comé.

 

Pour #Bénincréa  Interview réalisée par #LopezFaizoun

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