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Environs dix jours que ça se déploie dans la cité de Kobourou, Parakou. Une équipe mobilisée ; des tables, des ordinateurs, imprimantes et autres accessoires de bureau installés sous l’arbre, donc en plein-air, juste à côté du petit restaurant de la maison et malgré ces temps de carême musulman, il y a du mouvement à l’Institut Français de Parakou. Le programme Semis a bien démarré, avec des formateurs qui travaillent avec une quinzaine de jeunes acteurs de théâtre —venus de tous le Bénin­— sur le jeu d’acteur, le corps et les techniques vocales. Dans cette nouvelle rubrique REG’ARTS, la rédaction de Bénincréa va à la rencontre de Mariame Darra, coordonnatrice de l’un des projets culturels les plus importants pour cette année 2017.  

Bonjour Mariam Darra Traoré. Merci de nous accorder cette interview. Présentez-vous  à notre lectorat.

Je suis Mariame Darra Traoré, comédienne, animatrice de jeu d’acteur, coordonnatrice de Programme SEMIS qui est une initiative de Germes de Pensées.

Vous avez initié le Programme SEMIS, qui a reçu l’assentiment et l’adhésion de certains partenaires importants comme la Coopération Suisse, le Ministère du Tourisme et de la Culture, pour ne citer que ceux là. Replongez- nous brièvement dans le contexte de ce projet? 

Le Programme SEMIS est conçu pour renforcer de façon efficace et efficiente la formation des jeunes dans les métiers des arts vivants plus précisément le théâtre. Il se concentre sur trois corps du métier (Acteurs, Auteurs et Metteurs en scène) et propose une formation intensive à la chaine, en résidence avec une mise en situation et un suivi régulier des formés. Vous savez que la formation sur le tas ne répond plus suffisamment aux exigences du métier. Les écoles d’arts se comptent sur le bout des doigts et une minorité de jeunes ont la chance d’y accéder. Au regard de la volonté de notre génération de se hisser sur l’échiquier international, nous avons besoin que de tels projets naissent pour pousser la jeunesse créative. En l’occurrence, SEMIS est un programme qui entre dans le cadre des  objectifs de la loi n° 91-006 du 25 Février 1991 portant Charte culturelle en République du Bénin, qui vise notamment à « enrichir et élever le niveau de la création et de la production artistique et culturel », tout en « réalisant l’intégration culturelle nationale pour la promotion des échanges culturels interrégionaux ».

Le Programme Semis a démarré ce 29 mai 2017 —la phase exécutive­— après des mois de préparation. A l’heure où nous parlons, pensez vous avoir démarré ce projet comme vous l’aviez imaginé?  

Du rêve à la réalité le pas est GRAND! Initialement prévu pour commencer en Septembre 2016, la première activité n’a vu le jour qu’au mois de Mai 2017. Nous nous sommes heurtés à un certain nombre de réalités dissuasives qui ont considérablement retardé le démarrage, sans pour autant émousser notre ardeur. Ce n’est certes pas resté sans conséquence, vu que le calendrier des formateurs a aussi été bousculé. Pendant huit mois nous avons boosté l’administration, revu nos options, trouver des palliatifs… Je profite pour remercier la Coopération Suisse qui depuis 2016 nous a confirmé son soutien.

Qu’attendez vous maintenant des participants, des partenaires et de votre équipe ?

Notre grande satisfaction sera de voir les participants aller au bout du curricula conçu pour eux afin que le théâtre africain retrouve un nouveau souffle. Que le Programme ne soit plus notre rêve à nous mais une réalité à eux dont ils porteront les fruits au-delà des frontières.

En ce qui concerne les partenaires, nous souhaitons vraiment qu’ils respectent leur engagement à nos côtés et que ceux qui hésitent encore puissent se décider à faire route avec nous. Les portes s’ouvrent certes mais les battants restent coincés, nous pousserons encore et encore jusqu’à ce qu’elles cèdent. L’atmosphère artistique au pays n’inspire plus confiance. Ce n’est plus aisé de s’investir dans la culture, dans nos pays.  Seuls le résultat et la rigueur dans le travail font gagner la confiance des partenaires. Nous essayons chaque jour de mériter cette confiance qui s’est effritée avec certains ainés.

A l’ équipe du projet j’aimerais que nous entretenions notre belle énergie, celle qui nous conduit et nous caractérise depuis le départ. Nous sommes —Je trouve— une belle équipe pleine d’énergie et d’envie de réussir. je souhaite que nos efforts conjugués soient une force qui va impacter notre génération. 

Vous êtes en train de boucler la première activité du programme pour cette phase 2016-2017. Cette première activité qui est un atelier dont 15 jeunes béninois bénéficient et qui porte sur le jeu d’acteur, le corps et les technique vocales. Quelle est la prochaine étape ?

L’étape immédiate, c’est la restitution de l’activité 1 —celle dont vous venez de parler— qui s’intitule « les aveux du corps ». Je précise que cet atelier est dirigé par Carole Lokossou, Mechac Adjaho, Nathalie Hounvo Yekpè et moi même. Une restitution de cette activité sera donc donnée ce samedi 10 juin à 19 h à l’Institut Français de Parakou. Mais avant la restitution, nous procèderont au lancement officiel du projet en présence, des autorités administratives, des personnalités culturelles, des collègues, amis du théâtre, journalistes et des partenaires. Nous invitons tous les amoureux du théâtre à nous rejoindre. Juste après le lancement officiel, c’est une création qui démarre avec les participants au projet. Ce sera une pièce théâtrale choisie pour les possibilités qu’elle offre non seulement de faire travailler les acteurs, mais aussi d’être accessible à nos populations.

Présentez nous brièvement l’équipe qui travaille avec vous.

L’équipe de SEMIS est composée de Nathalie Hounvo Yekpe, chargée de la logistique; Nadège Amoussou à l’administration; Giovanni Houansou à la communication; Carlos Fancy Zinsou au secrétariat administratif; Elvis Ange Zinhouin à la comptabilité; Espéra Donouvossi au suivi-évaluation, et moi ­à la coordination.

Un mot de fin

Au nom de toute l’équipe et des bénéficiaires de SEMIS, je salue le préfet Borgou-Alibori, M Djibril Mama Cissé qui nous a honoré de sa présence le 1er Juin. Avec lui, nous avons eu des échanges fructueux.  Nous attendons tout le monde —surtout les acteurs culturels de Parakou— ce 10 juin à l’institut français. Un remerciement à l’endroit de la Direction du Développement de la Coopération Suisse au Bénin, du Ministère du Tourisme et de la Culture, du Ministère des Enseignement secondaire, technique et de la formation professionnelle; à tous nos partenaires techniques, la presse, les mécènes, particuliers et tous ceux qui dans l’ombre ne cessent de nous faire confiance. Merci à vous.

Par benincrea

photos – Tognidaho

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