REGARD SUR BABAR LE TRANSPARENT NOIR (EN ROUTE POUR LE BENIN)

Guillaume Cayet et Aurelia Lusher sont respectivement, Auteur – dramaturge français et Comédienne – Metteur en scène Suisse. Ils ont co-fondateurs de la compagnie de théâtre “ Le désordre des choses”. Il y a encore un an, ils étaient certainement loin d’imaginer que le projet théâtral qu’ils portaient, BABAR le transparent noir, portant sur la thématique de la fracture coloniale , les mènera en terre béninoise. Justement, ils savaient qu’une destination africaine les appelait mais aucune certitude ne pointait le Bénin. En septembre 2016, en résidence d’écriture au Centre des Ecritures Dramatiques La chartreuse de Villeneuve- Lez- Avignon, ils ont rencontré l’auteur et metteur en scène béninois Sèdjro Giovanni Houansou…(On peut sauter la suite des évènements). Dans cette rubrique REG’ARTS, la rédaction de Bénincréa rencontre Guillaume Cayet et Aurélia Lusher en vue de jeter un coup d’œil sur le travail d’étape qui les porte vers le Bénin.

Vous serez au Bénin du 17 juillet au 5 août 2017 dans le cadre d’un travail d’étape pour votre projet, BABAR, le transparent, parlez-nous brièvement de l’historique de ce projet.

Il s’agit d’un texte sur la fracture coloniale. Voilà deux ans que nous travaillons dessus. L’idée est née après l’écriture du triptyque de Guillaume autour des luttes dans les milieux ruraux en France. On s’est dit qu’il y avait une question qui était impensée et « irreprésentée » sur nos plateaux théâtraux, et cette question était post-coloniale et coloniale (qui est aux vues des scores du FN né après la guerre d’Algérie un des stigmates de nos problèmes politiques actuels).
Alors on a creusé dans l’histoire personnelle de Guillaume notamment. Et on a retrouvée des images d’enfance. Babar le roi des enfants, l’histoire d’un éléphant dépossédé de sa barbarie, et on a compris que nos imaginaires avaient été colonisés depuis l’enfance.
Alors on a travaillé sur ça.
On a rencontré un sociologue, Nicolas Bancel avec qui nous avons parlé de : comment représenter sur un plateau l’impensé colonial et post-colonial? En partant d’un pays, anciennement colonisé. Forcément ce n’était pas l’Algérie, parce que la mémoire de l’Algérie est trop meurtrie. Alors on a choisi un pays, et le Bénin nous est apparu.e.s, notamment après notre rencontre avec Sèdjro Giovanni Houansou.

Au cours de votre séjour, qu’allez-vous rechercher ; avez-vous des pistes précises ?

Nous venons au Bénin pour rencontrer les gens. Pour ne pas les fantasmer dans l’écriture. Nous venons prendre du son et filmer des images pour la troisième partie de notre spectacle qui se passe en France et au Bénin.

Vous êtes en collaboration avec une association béninoise : SudCréa. En complicité avec elle, vous prévoyez donner des stages en jeu d’acteur — à Togbin (EITB) et à Abomey. Quel est le lien entre ces activités et le projet Babar, le transparent noir.

Il s’agit d’une rencontre avec des act.eur.rice.s béninois.e.s. Nous voulons dialoguer ensemble sur nos deux pratiques (française et béninoise). C’est aussi un moyen pour nous de filmer des comédien.ne.s et d’intégrer leur visage, leur corps dans notre spectacle. C’est aussi un moyen de rencontrer tout simplement des comédien.ne.s, si d’aventure, nous sommes amené.e.s à venir travailler au Bénin. Il ne s’agit certainement pas d’audition, mais de partage de connaissances et d’expériences.

Nous savons qu’il existe des liens entre votre compagnie Le désordre des choses, l’Association SudCréa, le centre des écritures dramatique la chartreuse de Villeneuve les Avignon et le Centre Culturel de Rencontre International d’Abomey. D’ailleurs, votre venue s’inscrit aussi dans le cadre des activités de préfiguration de ce dernier. Quels sont les autres partenaires que vous auriez envie d’évoquer dans le cadre de ce travail d’étape ?

Nous travaillons aussi en lien avec la Coopération Suisse, ainsi qu’avec la Commission Internationale du Théâtre Francophone qui nous a versé une subvention pour notre spectacle. Nous sommes soutenu.e.s par la Direction Régionale des Affaires Culturelles ainsi que par le Fond de Dotation Porosus. Le Théâtre de la Ville de Riom est co-producteur du spectacle.

Et pour finir?

Nous sommes très réjoui.e.s de venir au Bénin, partager, échanger, rencontrer. Nous espérons inscrire notre venue ailleurs que dans un colonialisme culturel suranné. Nous avons beaucoup à apprendre mutuellement de nos pratiques respectives.

Pour finir, vive Achille Talon ! (C’est une blague bien sûr).
Rires (Bénincréa)
A suivre, un entretien sud sur le même projet

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